Marcher droit devant soi c'est dénouer les fils, recouvrir les rues de la fine poussière de ses souliers, c'est relier les rues une à une d'un fil invisible et dérouler sur ses yeux la vie paisible des quartiers.
Ariane aux pieds habiles, au corps flottant, au coeur palpitant sur le roulis fragile du métro souterrain. Etrangère à elle même, étrangère à cette ville où elle se coule entre les murs elle s'insère dans les espaces à la recherche d'une sortie invisible, d'un forteresse imprenable refaite à l'infini.
Marcher devant soi et délier les signes,
Sous le soleil brûlant les ombres cristallines
Sous les arbres muets, le pavé racorni
et les villes froissées
comme feuilles de papier
et les saisons si pressées d'arriver
les passants qui bousculent
l'aiguille des horloges
au quatre coins des ville
de leur marche forcée
Idées en l'air
Quelques idées qui flottent dans l'air