mardi 2 septembre 2008

Voix sans issue

Ouvrez toutes les fenêtres

Faites percevoir ce cri

A travers la planète

...

Mais le cri s'arrêta là, coupé dans son élan. Hervé s'était réveillé en sueur, ses draps étaient moites et peu à peu, la chambre revenait à lui. Le monde se rallumait doucement. Lentement, sans se presser se reconstituaient dans son oeil, les formes, les couleurs, puis l'espace et ses quatre murs, au loin les deux fenêtres. il se rappela son lit et soudain, le monde tomba à la renverse:


Ouvrez toutes les fenêtres,

Faites percevoir ce cri,

A travers la planète:

...

Le cri était resté suspendu dans l'air, tournoyait autour de lui. mais les fenêtres étaient fermées, les rideaux tirés dans cette chambre grises et tout était changé. La phrase rejoignait maintenant les zones de son esprit, comme un appel lancinant émargé du souvenir.


Ouvrez toutes les fenêtres

Faites percevoir ce cri

A travers la planète




Un peu de patience la suite au prochain numéro

Interlude poétique

depuis peu, un peu de poésie....



cet ennui trop cru

cet ennui froid et maussade

cette pluie continuelle et ces glissades

contre les murs de mes pensées

pensées pesées,

pensées pesantes

comptées,

poignantes ou périmées

dessinent sur le ciel

d'étranges ronds de fumée
pensées permanentes
pensées abrogées
pensées proscrites et interdites
inscrites sous le plancher

pensées fugaces
pensées vivaces
qu'on aimerait attraper
qu'on aimerait étouffer
sous le ciel incolore

sans y penser



et la suite juste en dessous

Interlude poetique

Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau


Beni soit le jour où je ne t'ai pas croisé

Toi qui emplit mon être d'un semblant de clarté,

d'une demi once d'humanité

mal dépensée

Beni soit le jour ou je ne t'ai pas croisé

Toi cette ombre que je redoute

comme une peste dans ma peau incrustée

qui gratte le peu de fard que j'ai pu déposer

pour faire semblant de vivre

pour parer au plus offrant

au plus pressé

Béni soit le jour où je ne t'ai pas pleuré

Chronibibli (suite)

La bibliothèque est une véritable usine. Elle ressemble à une immense machine qui incurgite de 11h à 22h des milliers de drogués de l'information en tout genre. Ils se pressent, bien avant l'heure, en une file compacte contre les portes. Emeutes, violences, insultes et piétinements culminent à l'heure christique de l'ouverture.
Les portes s'ouvrent, le calme revient, et redevenus dociles, ils vident un à un leurs sacs, devant l'agent de sécurité qui lance une blague à son collègue de l'autre coté.
Ils se déversent par petits paquets dans les escalators, remplissent les salles de lectures, envahissent les rayons, photocopient à mort, vident les casiers à journaux se pressent contre les télévisions et martyrisent les ordinateurs. Et le compteur égrenne patiemment
les hordes des lecteur.
Le quota des 2000 atteint, les portes se referment. S'applique ensuite la règle mathématique une sortie une entrée.
Et c'est là que le grand défilé commence. Le roulis incessant des escalators ne masque pas le bruit du va et vient des habitués, des touristes égarés. Des sorties, des entrées qui font défiler tant de visages dont pas un seul n'a le bon goût de ressembler à un autre.

Et c'est là que moi, j'interviens....

Bien sur mon travail à moi, c'est de renseigner les gens, de crier chut aux bavards et de hurler pour que les portables s'éteignent, mais il s'agit aussi de trouver le livre qui convient à chacun et pour cela j'observe, j'observe sans relache les habitués les touristés les paumés, il y en a pour tous les goûts... et pour toutes les humeurs, mais moi, mes préférés se sont les fous..

Chronibibli1


Planquée derrière mon bureau d'information, je regarde les habitudes étranges du monde des humains. Dans cette grande bibliothèque parisienne, il y a de tout, tout un assortiment étrange de lecteurs, d'étudiants, d'habitués et de fous.

Idées en l'air

Quelques idées qui flottent dans l'air