jeudi 20 novembre 2008
Voix sans issue chap 1
Comme promis la suite**,
**Pour ceux qui n'aurait pas vu le début je renvoie à la rubrique "ne perdez pas le fil"
Voix sans issue (septembre)
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Marc repoussa ses drap d'un geste, frissonnant, mal à l'aise. Il regarda autour de lui la chambre redevenue muette et silencieuse. Il la chercha d'un geste, un instant, mais elle n'était plus dans les draps, il avait dû ronfler cette nuit...
Il s'assit sur le lit, posa ses pieds sur le sol, le contact le calma presque aussitôt. Il se gratta le crâne, caressa d'un geste machinal son ventre mou: quelle heure pouvait-il être? A travers les rideaux tirés, une faible lumière qui promettait la pluie. Tout était à sa place, rien avait changé: mais ce cri qui l'avait éveillé ?
La sueur collait encore dans son dos, entre ses cuisses molles, dans les plis de son ventre. Il s'étira longuement et ne se rappelait de rien. Pas un souvenir n'était remonté à la surface. Seules les quelques bribes qui l'avaient éveillé tournaient encore dans son cerveau comme une énigme brûlante.
Il se mit sur ses pieds et fit les quelques pas jusqu'à la douche. Un cauchemar, un simple cauchemar, pas de quoi s'inquiéter. Ne plus y penser. Il entra dans la salle de bain, les pieds nus sur le carrelage froid, il enleva le pyjama trempé de sueur. Il se sentait mieux, comme libéré d'une étreinte glacée.
La douche lui fouetta le sang et le fracas de l'eau savonneuse le secoua de la torpeur. Il attrapa la serviette et frotta longuement ses bras endoloris, courbaturés par la nuit. Puis il mit ses chaussettes, son pantalon et se sentit prêt, armé pour la journée. Il alluma la radio et se rasa longuement. Au miroir, les informations n'étaient pas bonnes. Le court du brent avait flambé, trois otages en Colombie, une explosion à Toulouse, deux morts trois blessés, grève au service de la RATP, le ministre avait encore déclaré que... Tant mieux, se dit-il en éteignant brusquement la radio, le monde continuait de tourner et il était 8h00.
Il sortit dans le couloir, enfila une chemise, noua sa cravate et gagna la cuisine. Dans le couloir, l'odeur de pain grillé se faisait discrète mais rassurante, il était réveillé.
Elle était là, assise à la table du petit déjeuner, plus tôt que d'habitude. Dans le peignoir bleu qu'il aimait tant, elle prenait son café. En entendant son pas, elle leva la tête de son journal et lui sourit:
- Bien dormi?
Il se pencha sur elle, lui caressa la nuque, puis la joue qui s'offrait. Il ne savait que dire:
- ... Je suis désolé, j'ai du encore ronfler cette nuit, la prochaine fois réveille moi, j'irai dormir dans le canapé.
Elle répondit que cela n'avait pas d'importance, se resservit une tasse avant de lui en proposer. Puis, sans rien dire, elle replongea dans son magazine.
Marc posa alors sa tasse et sortit l'article qu'il avait à rendre dans la journée. Rien de bien capital, il n'avait pas terminé. Il posa la feuille sur la table et se mit à déchiffrer ses pattes de mouches entre les miettes de pain, il lisait puis relisait les lignes dont il perdait le sens. Il était incapable de se concentrer. Les mots pourtant alignés les uns à coté des autres semblaient s'entrechoquer. Cela ne voulait plus rien dire, ses idées étaient maladroites, embrouillées, le fil de l'argumentation s'était perdu quelquepart et il ne savait plus ce qu'il avait bien voulu dire.
Il replia son article et le remit dans sa serviette. Il était tôt, il avait bien encore le temps...
Sa femme avait glissé sans un bruit jusqu'à la salle de bain, d'où lui parvenait le bruit de la douche. Il paressa devant son café pendant un bon quart d'heure et laissait flotter librement ses pensées dériver où bon leur semblait. Mais lentement, sans le vouloir, elles regagnèrent les zones d'ombres qu'avait posé la nuit. Des images floues, imprécises affluaient en masse dans son cerveau. Sans qu'il puisse les arrêter, sans qu'il puisse rien contrôler. Le flot était si dense, si compact qu'il crut s'évanouir. Mais le roulement sourd continuait pour s'installer dans son crâne. La migraine lui fit fermer les yeux de douleur. Et au fond de lui même, il entendit une rumeur étrange qui lui glaça les veines :
Ouvrez toutes les fenêtres
Faites percevoir ce cri
A travers la planète
Ariane
Ariane aux pieds habiles, au corps flottant, au coeur palpitant sur le roulis fragile du métro souterrain. Etrangère à elle même, étrangère à cette ville où elle se coule entre les murs elle s'insère dans les espaces à la recherche d'une sortie invisible, d'un forteresse imprenable refaite à l'infini.
Marcher devant soi et délier les signes,
Sous le soleil brûlant les ombres cristallines
Sous les arbres muets, le pavé racorni
et les villes froissées
comme feuilles de papier
et les saisons si pressées d'arriver
les passants qui bousculent
l'aiguille des horloges
au quatre coins des ville
de leur marche forcée
Révolution
Gravitation? Révolution? Une idée? Une invention? Et pourquoi pas une révolution?
La mienne suivra la course de la terre autour du Soleil. Drapé de l'Idéal, placé sous le signe solaire, j'appelerai mes frères à se mettre en guerre:
Hommes de tous pays, de toutes les couleurs, de toutes les audaces, unissez vous! La Révolution est en marche et portera votre nom.
Notre bannière sera celle de la Liberté. Il nous faut faire front contre la menace de notre Aliénation. Comme la terre tourne autour du Soleil, le monde se tournera vers vous, car vous êtes la lumière de cette nouvelle Nation.
Unissez vous et marchons contre l'Oppression.
Alors il me faudra désigner une menace invisible, un ennemi à abattre ou un souffre douleur. Le bouc émissaire est le plus sur moyen d'unir le troupeau.
Et plus la haine grandira et plus ils m'aduleront. La marche contre l'Empire de l'ombre se grossira de flots de mes nouveaux fidèles, illuminés par mes rayons. Comme le remède à tous les maux, à toutes leurs peurs et toutes leurs misère, je deviendrai leur grand Pasteur, le grand conducteur de la Nation-Lumière. Je serai désormais leur astre solaire, leur point de gravitation.
J'éclairai le monde de mes nouveaux préceptes, de mes nouvelles règles tout droit dictée par notre Empire céleste.
Il faudra bâtir un monde nouveau: changer les chiffres les dates et les noms, abolir les repères et censurer l'Histoire, transformer les valeurs pour créer l'illusion, donner le ton, édicter les lois solaires, faire régner l'arbitraire.
Pour protéger leur tranquilité je les ferai surveiller, car la Lumière doit se faire sur toute la nation et dans les coeurs. Il faudra précher pour que la lumière se fasse au plus profond de leur coeur, il faudra organiser la répression contre l'Ombre, établir le couvre feu sur nos maisons car l'ombre ne doit pas s'infiltrer dans nos maison.
Alors ils craindront, ils craindront les menaces, les complots les représailles de l'ennemi invisible, il craindront le pouvoir de l'Ombre, de la nuit. Ils vendront leur frères, leurs amis contre leur liberté, contre leur tranquilité pour que la lumière se fasse jusqu'au plus profond de leur coeur, pour qu'il puissent se laisser irradier par la tranquilité.
Je ne craindrai ni l'éclipse, ni la rébellion de l'ombre et
Ainsi je n'aurai plus à craindre une révolution.
mardi 2 septembre 2008
Voix sans issue
Ouvrez toutes les fenêtres
Faites percevoir ce cri
A travers la planète
...
Mais le cri s'arrêta là, coupé dans son élan. Hervé s'était réveillé en sueur, ses draps étaient moites et peu à peu, la chambre revenait à lui. Le monde se rallumait doucement. Lentement, sans se presser se reconstituaient dans son oeil, les formes, les couleurs, puis l'espace et ses quatre murs, au loin les deux fenêtres. il se rappela son lit et soudain, le monde tomba à la renverse:
Ouvrez toutes les fenêtres,
Faites percevoir ce cri,
A travers la planète:
...
Le cri était resté suspendu dans l'air, tournoyait autour de lui. mais les fenêtres étaient fermées, les rideaux tirés dans cette chambre grises et tout était changé. La phrase rejoignait maintenant les zones de son esprit, comme un appel lancinant émargé du souvenir.
Ouvrez toutes les fenêtres
Faites percevoir ce cri
A travers la planète
Un peu de patience la suite au prochain numéro
Interlude poétique
depuis peu, un peu de poésie....
cet ennui trop cru
cet ennui froid et maussade
cette pluie continuelle et ces glissades
contre les murs de mes pensées
pensées pesées,
pensées pesantes
comptées,
poignantes ou périmées
dessinent sur le cield'étranges ronds de fumée
sans y penser
et la suite juste en dessous
Interlude poetique
Beni soit le jour où je ne t'ai pas croisé
Toi qui emplit mon être d'un semblant de clarté,
d'une demi once d'humanité
mal dépensée
Beni soit le jour ou je ne t'ai pas croisé
Toi cette ombre que je redoute
comme une peste dans ma peau incrustée
qui gratte le peu de fard que j'ai pu déposer
pour faire semblant de vivre
pour parer au plus offrant
au plus pressé
Béni soit le jour où je ne t'ai pas pleuré
Chronibibli (suite)
Les portes s'ouvrent, le calme revient, et redevenus dociles, ils vident un à un leurs sacs, devant l'agent de sécurité qui lance une blague à son collègue de l'autre coté.
Ils se déversent par petits paquets dans les escalators, remplissent les salles de lectures, envahissent les rayons, photocopient à mort, vident les casiers à journaux se pressent contre les télévisions et martyrisent les ordinateurs. Et le compteur égrenne patiemment
les hordes des lecteur.
Le quota des 2000 atteint, les portes se referment. S'applique ensuite la règle mathématique une sortie une entrée.
Et c'est là que le grand défilé commence. Le roulis incessant des escalators ne masque pas le bruit du va et vient des habitués, des touristes égarés. Des sorties, des entrées qui font défiler tant de visages dont pas un seul n'a le bon goût de ressembler à un autre.
Et c'est là que moi, j'interviens....
Bien sur mon travail à moi, c'est de renseigner les gens, de crier chut aux bavards et de hurler pour que les portables s'éteignent, mais il s'agit aussi de trouver le livre qui convient à chacun et pour cela j'observe, j'observe sans relache les habitués les touristés les paumés, il y en a pour tous les goûts... et pour toutes les humeurs, mais moi, mes préférés se sont les fous..
Chronibibli1
Planquée derrière mon bureau d'information, je regarde les habitudes étranges du monde des humains. Dans cette grande bibliothèque parisienne, il y a de tout, tout un assortiment étrange de lecteurs, d'étudiants, d'habitués et de fous.